Le Big Data et son omniprésence dans la vie des consommateurs

Bonjour Jacques, que fais-tu chez Worldline?

 

Je travaille sur notre projet autour de la valorisation de la data (ndlr : données).

 

Quand as-tu rejoint la société et que faisais-tu avant ?

 

Je suis chez Worldline depuis un peu plus d’un an. Auparavant, je travaillais déjà dans la data et le CRM (ndlr : Customer Relationship Management). J’ai d’ailleurs cofondé le programme « S’Miles » en France.

Comme beaucoup, nous entendons parler du Big Data, qu’est-ce que c’est ?

 

Aujourd’hui, le Big Data est un sujet dont trois dimensions de :

  • Tout d’abord, la difficulté de son exploitation compte tenu de son volume important et de la rapidité à laquelle ce volume s’amplifie. En effet, la montée en puissance du digital et des outils d’interactions consommateurs fait que les entreprises et les consommateurs génèrent de plus en plus de données en temps réel.
  • Ensuite, l’aspect privé lié à ces données. Le Big Data représente pour les consommateurs une accumulation de données les concernant et il existe un risque qu’ils craignent, de plus en plus, cette pratique et s’interrogent dessus.
  • Finalement, le côté business. Il existe de plus en plus d’entreprises qui ont pour cœur de métier l’exploitation du Big Data. Par exemple, Google en connait plus sur la France à travers ces données que l’INSEE (ndlr : Institut national de la statistique et des études économiques). Aux Etats-Unis, le marché du Big Data représente déjà des centaines de millions de dollars.

 

Comment le Big Data touche-t’il les consommateurs ?

 

Les consommateurs sont impactés par le Big Data à trois niveaux:

  • Leur vie privée : Nous devons fournir aux consommateurs la capacité d’avoir un minimum de visibilité sur les données collectées à leurs sujets et les acteurs qui vont pouvoir les utiliser, les analyser et les partager, et ce plus en France que dans les marchés anglo-saxons.
  • Leur participation : Le Big Data est un sujet qui a été et est encore beaucoup couvert par les medias spécialisés et grand public. De ce fait, les consommateurs se posent la question, légitime, de pouvoir être des acteurs responsables proactifs sur ce sujet.
  • Le bénéfice personnel : Les consommateurs vont trouver un bénéfice personnel, par exemple une grande qualité de personnalisation des messages/offres des marques et devenir, en quelque sorte, les auto-administrateurs de leurs données.

 

Comment les entreprises sont-elles affectées par le Big Data ?

 

Les entreprises s’interrogent face aux évolutions réglementaires autour des données et de leurs collectes. En effet, dans le but de toujours mieux établir le profil de leurs clients et de mieux les servir, les entreprises augmentent sensiblement la volumétrie de leurs sollicitations auprès de leurs clients et cela peut poser un problème au niveau d’un potentiel débordement du flux de propositions commerciales de ces entreprises.

D’un point de vue opérationnel, une donnée bancaire, telle que celle liée à une transaction, n’a pas beaucoup d’intérêt outre que dans sa fonction de compensation. Par exemple, une année entière de ce type de données va pouvoir révéler des habitudes d’achat et peut donc être monétisée auprès d’autres acteurs. Les données ont de ce fait de la valeur car, en les mettant dans une nouvelle perspective, ce deuxième usage va au-delà de leur valeur primaire, et cela les rend donc sources de revenus potentiels pour ceux qui les détiennent. Prenons l’exemple des supermarchés qui collectent des données sur nos achats. Ils peuvent monétiser ces données auprès des marques qu’ils distribuent pour que celles-ci fassent des offres personnalisées aux clients du magasin.

 

On parle du Big Data en association avec l’Internet des Objets, que penses-tu des évolutions récentes autour de ce sujet et comment envisages-tu son avenir ?

 

Le Big Data est nativement étroitement lié aux interactions consommateurs. L’Internet des Objets y ajoute une nouvelle couche de données, qui peuvent être générées directement ou indirectement par les consommateurs. Prenons l’exemple de la voiture connectée : le conducteur, sans forcément le savoir, génère des données telles que la consommation instantanée (ndlr : croisement des données sur la vitesse, le parcours, la motorisation et la façon de conduire) ou la collecte de toutes les data de son GPS, pendant 6 mois, nous en apprennent beaucoup sur l’automobiliste. De la même façon, une habitation connectée contient des outils de domotique qui capturent, en temps réel, des données de type températures externes et internes, horaires de mise en route d’appareils ménagers, et ce, sans que les consommateurs ne s’en rendent compte. La valeur de ces données est tout aussi pertinente que celles précédemment mentionnées et nous anticipons beaucoup de changement dans les secteurs de l’automobile et de l’habitation, entre autres, du fait du nouveau traitement, additionnel au traitement initial, de ce nouveau type de données.

J’ai la conviction que les données du futur les plus intéressantes seront celles qui auront reçu un accord explicite de la part des consommateurs pour leur capture et leur partage. En effet, les consommateurs devront pouvoir administrer à quelles marques et quelles entreprises leurs données sont accessibles, similairement à la fonction opt-in pour les emails à connotation Marketing. Il est important de souligner que c’est exactement dans cette direction que les règlementations autour de la protection des données personnelles s’orientent dans les directives européennes en préparation.

 

 

 

Penses-tu que le Big Data est perçu comme le Big Brother des années 70-80 ?

 

Oui, c’est le cas mais d’une façon encore plus complexe car, dans l’esprit des consommateurs de cette époque, Big Brother avait une connotation malveillante et pas de réelle valeur positive. Le Big Data est diffèrent dans le sens où les consommateurs ont bien conscience du volume de données qu’ils génèrent et se posent la question de qui a vraiment accès à leurs données. Big Brother était plutôt conceptuel et représentait une peur non qualifiée alors que le Big Data, qui n’est pas forcément malveillant, engendre plutôt une conscience qui appelle à la maitrise des données par les consommateurs et la nécessaire traduction de son bénéfice personnel. Il est probable que le plus crédible et le plus pertinent reste la personnalisation et toutes ses déclinaisons en services et traitements différenciés.

Big Data

 

Tu reviens du salon eCommerce 1To1 où tu as participé à un atelier experts autour du Data Sharing, peux-tu nous en dire plus ?

 

J’y ai présenté avec Alexandre (ndlr : Alexandre Albarel, Directeur Commercial pour Merchant Services & Terminals) notre démarche et notre solution Data Sharing. Nous avons reçu un très bon accueil de la part des professionnels et entreprises à la recherche de solutions qui pourront leur permettre d’utiliser le Data Sharing pour mieux cibler leurs propositions et, donc, moins agresser les consommateurs avec des offres qui ne les intéressent pas. Car, en effet, les consommateurs sont de plus en plus sur-sollicités par des offres commerciales et la fréquence et la multiplication de ces sollicitations vont continuer à augmenter avec la forte progression de l’adoption des smartphones et technologies associées.

De plus, nous avons une approche opérationnelle face au Big Data qui répond aux interrogations des entreprises, à savoir comment changer le quotidien des consommateurs avec le Big Data. Notre solution apporte une réponse concrète sur la sollicitation commerciale très ciblée et les participants à cet atelier y ont réagi très positivement.

 

Qu’est ce qui t’a le plus marqué pendant cet atelier?

 

Le fait que les gens étaient à la fois étonnés et surpris par le pragmatisme de notre démarche alors que ces entreprises voient le Big Data comme quelque chose de complexe et difficile à appréhender, et qui peut même faire peur pour certains.

La qualité et la séniorité des participants avec lesquels nous avons discuté au cours du salon, ce qui démontre un très bon ciblage et une très bonne sélection de la part des organisateurs.

 

Nous proposons une solution, le Data Value Factory, en relation avec Big Data et le Data Sharing. Quels sont les atouts majeurs de cette offre ?

 

Le Data Value Factory est une solution pragmatique et concrète qui reste innovante tout en étant prête à l’emploi et elle possède deux atouts majeurs :

  • L’atout d’être une offre développée et portée par Worldline. En effet, le Data Sharing est intrinsèquement lié à la confidentialité et à la sécurité des données échangées. Or, Worldline possède un capital confiance auprès des entreprises sur notre capacité à sécuriser les données qu’ils nous confient.
  • L’atout d’être une offre autour des données augmentées. Le Data Value Factory peut prendre, par exemple, des données provenant de trois bases distinctes et différentes, de les croiser et d’en faire ressortir une valeur supplémentaire dans une nouvelle perspective et de l’exploiter à des fins de sollicitation ou de marketing personnalisé.

 

Tu es maintenant un consommateur lambda, quelle serait pour toi une application de mauvais gout du Big Data ?

 

Les données qui me choquent en tant que consommateur sont les données intrusives, que je ne veux pas partager avec les marques. Je n’ai pas forcément envie de rendre tous les aspects de ma vie transparents auprès de toutes les marques. Je veux garder la main sur la maitrise du partage de mes données.

 

Merci d’avoir pris le temps de discuter avec nous aujourd’hui. Une dernière question avant de nous quitter : nous vivons dans un monde digital hyper-connecté et tu te retrouves coincé sur une ile déserte, quel produit électronique de grande consommation as-tu obligatoirement avec toi ?

 

Un terminal d’écoute musical.

 

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Jacques Ehny

 

 

Catégories: Général, Perspectives, Solutions

 

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