Connected Kitchen et les objets connectés, le futur aujourd’hui

 

Bonjour Guillaume, que fais-tu chez Worldline?

 

Je travaille dans le département R&D dans lequel j’ai en charge les nouvelles expériences utilisateurs et, plus précisément, les interactions entre l’utilisateur et les services connectés en ligne.

 

Quand as-tu rejoint la société et que faisais-tu avant ?

 

J’ai rejoint Worldline juste après avoir terminé mes études en juillet 2000.

 

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L’Internet des Objets et les objets connectés ont le vent en poupe depuis quelques temps, peux-tu nous expliquer, concrètement, ce qu’est l’Internet des Objets et l’utilité de ces objets connectés ?

 

En effet, nous entendons de plus en plus parler de l’Internet des Objets. Au départ, ce phénomène était dû à l’apparition de nouveaux gadgets mais, depuis quelques temps, de nouveaux services à valeur ajoutée voient le jour et favorisent son développement. Nous voyons apparaitre de plus en plus d’objets intelligents et connectés grâce aux avancements en termes de miniaturisation et à la réduction des coûts liés aux matériaux et aux composants.

 

Que penses-tu du taux d’adoption de ces objets connectés en France et en Europe et comment envisages-tu leur avenir ?

 

Aujourd’hui, les « early adopters » (ndlr : adopteurs précoces, individus les plus prompts à adopter une nouvelle technologie ou une innovation) sont les principaux consommateurs de ces objets pour lesquels il existe des interrogations fondées, comme leur utilité au quotidien. De plus, ils ont tendance à être perçus comme des gadgets. Toutefois, nous constatons un grand intérêt des consommateurs pour ces nouveaux objets et, plus particulièrement, leurs services connectés car, sans ces derniers, les consommateurs ont tendance à s’en éloigner. Mais, soyons clairs, ces services se doivent d’être utiles. Prenons, par exemple, un projet de four connecté sur lequel nous avons travaillé. Ce dernier peut notifier à l’utilisateur sur son téléphone mobile s’il est parti de chez lui en laissant son four allumé et lui permet de l’éteindre à distance.

 

D'après toi, quels sont les bénéfices de ces objets pour les consommateurs ?

 

Les consommateurs vont pouvoir interagir de façon simple et efficace avec ces services en ligne car, pour le moment, chaque objet connecté a une fonction/un service associé unique. Il est vrai qu’à l’heure actuelle nous pouvons tout faire avec notre téléphone portable mais ce que nous oublions souvent c’est que le consommateur n’a pas tout le temps accès à son téléphone mobile. En effet, il ne peut pas forcément ajouter un article sur sa liste de courses ou mesurer son activité physique, d’où l’intérêt de ces objets connectés qui se chargent de ces fonctions pour lui de manière transparente. Ces objets et leur utilisation génèrent des données qui peuvent être également très utiles pour le consommateur afin, par exemple, de moduler leur consommation énergétique à domicile.

 

Et pour les commerçants et les entreprises ?

 

Ces objets collectent un certain nombre de points de données et ces derniers sont essentiels à la valorisation de ces objets connectés. Toutefois, il peut y avoir une certaine appréhension de la part des consommateurs à propos de toutes ces données collectées et c’est exactement pour cela que la collecte et l’exploitation de ces données personnelles doivent se faire dans le respect de la vie privée. En effet, les entreprises devront laisser le libre choix aux consommateurs quant aux données qu’ils souhaiteront partager, ou non, avec elles. Il est essentiel que les consommateurs gardent la main sur la gestion de ces données et, également, sur le droit à l’oubli. Ces données, ainsi que leur combinaison et leur analyse, peuvent également engendrer des services monétisables pour les entreprises.

 

Carrefour Belgique, en partenariat avec Worldline, vient de lancer sa solution Connected Kitchen, peux-tu nous en dire plus sur cette offre ? Pourquoi Carrefour et le marché belge ?

 

Connected Kitchen est un objet connecté, comme son nom l’indique, destiné à un usage à domicile et, plus particulièrement, dans la cuisine. Bien qu’il n’existe pas d’études sur ce sujet, nous avons constaté que la plupart des consommateurs ont tendance à préparer leur liste de courses dans leur cuisine. Nous avons aussi remarqué qu’une liste de courses est généralement établie dans le temps, c’est-à-dire au cours d’une journée, d’une semaine et au fil de nos activités quotidiennes. L’idée de cet objet est donc d’être présent dans tous ces moments du quotidien afin de permettre au consommateur de pouvoir, à tout moment, scanner le code barre du produit à acheter ou de le dicter directement via l’interface de reconnaissance vocale. Connected Kitchen étant connecté via le wifi de la maison, l’article se verra donc instantanément ajouté à la liste de courses. Il n’est pas directement ajouté dans le panier d’achat, afin d’éviter des usages domestiques abusifs (ndlr : comme les enfants qui pourraient scanner plusieurs fois un même article). Lors du passage de la commande en ligne (ndlr : dans le cadre d’une commande Drive), le consommateur retrouvera alors l’ensemble des produits qu’il a scanné ainsi que les suggestions associées aux produits dictés.

 

En ce qui concerne le marché belge, il faut savoir que, lorsque nous avons commencé à travailler sur ce projet, nous n’avions pas de marché cible spécifique car l’Internet des Objets est un phénomène mondial. Toutefois, la commande de courses en ligne étant moins développée en Belgique qu’en France, notre solution est donc idéale pour booster ce nouveau mode de consommation. De plus, cela simplifie le processus de commande en ligne tout en fidélisant les consommateurs car Connected Kitchen est bien évidemment labellisée Carrefour.

 

Pour le marché français, METRO Cash & Carry a donné son accord pour une solution similaire mais dans une approche plus B2B à destination des restaurateurs.

 

 

Quels sont les atouts majeurs pour les consommateurs ?

 

Le gain de temps, l’instantanéité de la transmission de l’information, la simplicité d’utilisation et la simplification du processus de commande en ligne sont les principaux atouts de cette solution. En effet, grâce à elle, le consommateur n’a plus besoin de sortir son téléphone mobile, de trouver la bonne application et de noter l’article à acheter. Ensuite, nous anticipons également l’arrivée prochaine de nouveaux services à forte valeur ajoutée grâce auxquels le consommateur pourra, par exemple, retrouver automatiquement, dans sa liste de courses, tous les ingrédients nécessaires à la réalisation d’une recette qu’il aurait présélectionnée auparavant. Enfin, Connected Kitchen apporte une dimension de convivialité au processus de commande de courses en ligne. C’est toute la famille qui participe à la préparation des courses !

 

Et pour les commerçants et les marques ?

 

Au travers de l’utilisation de Connected Kitchen par les consommateurs, les commerçants vont avoir accès à des nouvelles données d’utilisation comme la fréquence de consommation et sur leurs produits préférés. De plus, le fait de pouvoir avoir sa marque en permanence dans la cuisine des consommateurs est un outil de fidélisation assez puissant pour les commerçants.

 

Amazon a créé le buzz récemment avec son bouton Dash, qu’en penses-tu ?

 

Le concept d’Amazon est intéressant et laisse entrevoir que le parcours client peut encore être réinventé. En effet, nous pouvons imaginer de nouvelles applications à partir de ce même principe. Prenons, par exemple, les marques qui proposent du café en capsules ou en dosettes. Pourquoi ne pas transformer le système de stockage des doses en un objet connecté qui pourrait automatiquement proposer au consommateur de passer une commande quand la fin du stock approche ?

 

Merci d’avoir pris le temps de discuter avec nous aujourd’hui. Une dernière question avant de nous quitter : nous vivons dans un monde digital hyper-connecté et tu te retrouves coincé sur une ile déserte, quel produit électronique de grande consommation as-tu obligatoirement avec toi?

 

Mon téléphone mobile, qui est, après tout, le couteau suisse des temps modernes. Mais, comme je suis en R&D, j’aurais un mobile ultra-moderne, certes qui n’existe pas encore, qui se rechargera automatiquement grâce à la technologie photovoltaïque.

 

 

 

Guillaume Lefebvre

Guillaume Lefebvre

 

 

Catégories: Général, Perspectives, Solutions

 

 

 

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