L’Europe des paiements sans frontières

Bonjour Sylvie, que fais-tu chez Worldline?

 

Je m’attèle à promouvoir le non-carte. Dans une entreprise qui est plutôt sur une culture et un ADN monétique, j’œuvre à développer des offres orientées sur le virement et le prélèvement, et plus spécifiquement pour l’environnement Internet.

 

Quand as-tu rejoint la société et que faisais-tu avant ?

 

J’ai rejoint Worldline il y a 2 ans et demi en pleine période de démarrage du SEPA. J’étais banquier pendant 15 ans et Worldline voulait intégrer ce type de profil dans ses équipes, le but étant d’amener une culture bancaire au sein de ses équipes d’ingénieurs et de travailler sur une offre destinée à un segment de clientèle nouveau pour la société.

 

euro

Comme beaucoup de consommateurs, j’ai vu apparaitre le terme SEPA sur le portail de ma banque en ligne l’année dernière, qu’est-ce que c’est ?

 

Le SEPA est dans la continuité du projet européen de monnaie unique pour les 28 pays de la communauté (NB : à ce jour, 19 pays de l’Union Européenne sont passés à l’Euro). L’étape logique suivante était donc une zone unique avec des moyens de paiement uniques. Le SEPA est cette zone et couvre tous les pays de l’Union ainsi que d’autres pays faisant partis d’autres écosystèmes, tels que la Suisse et la Norvège. Le résultat est une zone de 34 pays dans laquelle un seul et unique format de paiement prévaut pour les virements et les prélèvements.

 

Quels sont les impacts pour les consommateurs ?

 

Concrètement, les consommateurs peuvent adresser des virements à n’importe quel commerçant situé dans la zone SEPA car les banques sont dorénavant capables de recevoir ce type de format de paiement d’un pays à un autre. Auparavant, les frais associés à un virement différaient si le bénéficiaire n’était pas dans le même pays que le donneur d’ordre. Dorénavant, les frais sont les mêmes pour un virement en euro que ce soit au profit de sa voisine de palier ou de sa grand-tante qui habite à l’autre bout de l’Europe, c’est vraiment l’impact le plus important du SEPA pour les consommateurs.

 

Et les impacts pour les commerçants ?

 

C’est une vraie révolution pour les commerçants et les entreprises. Tout d’abord, ils ont maintenant la possibilité de facturer et de prélever leurs clients dans n’importe quel pays de l’Europe comme si ces clients se trouvaient dans le même pays qu’eux. D’autre part, leurs projets d’expansion géographique sont facilités car ils peuvent maintenant avoir des conditions générales de vente uniques à travers toute l’Europe. Ce dernier point est encore plus important pour l’e-commerce, qui est, par nature, sans frontières.

 

Et les institutions financières dans tout ça ?

 

Elles sont un peu juges et parties. En effet, les grandes banques européennes ont tout de suite reconnu l’intérêt de ce projet. Elles peuvent accompagner leurs clients dans le cadre de leurs expansions internationales à travers leur offre de Cash Management par exemple. Par contre, ce changement a apporté une uniformisation vers le bas des tarifications liées aux virements et aux prélèvements. Par exemple, en France, jusqu’en Septembre 2013, les banques pouvaient facturer 12 centimes par prélèvement à un commerçant. Un an plus tard, ce tarif est tombé à zéro, ce qui représente pour les banques françaises un manque à gagner de plusieurs millions d’euros par an. Ce fut donc un changement difficile mais nécessaire.

 

Nous entendons des termes comme e-SEPA et SEPAmail, quelles sont les différences avec SEPA?

 

Le monde de l’informatique parle souvent de 2.0 et 3.0, on peut utiliser cette analogie pour l’industrie du paiement. La première étape en 2014 ayant été de lancer ce standard unique SEPA, l’objectif, par la suite, était de démultiplier ces formats dans tous les canaux où se retrouvent les consommateurs. L’un de ces canaux étant internet et l’e-commerce, l’e-SEPA a vu le jour pour promouvoir le virement et le prélèvement sur ce canal.

En France, les banques ont lancé en 2008 une initiative de messagerie de service autour du paiement, dénommée SEPAmail. Cette messagerie sert à transporter des demandes de renseignement autour du paiement, comme par exemple la vérification d’un IBAN.

 

 

Peux-tu nous en dire plus sur MyBank et notre partenariat avec eux ?

 

MyBank est une initiative de banques européennes, réunies au sein de ABE CLEARING. Les banques ont rapidement compris le potentiel de SEPA et ont voulu promouvoir ces instruments de paiement sur internet.

Nous avons identifié en MyBank un partenaire symbiotique car leur solution se trouvait à la croisée de nos cœurs de métier. En effet, trois aspects clés ont retenu notre attention : le socle SEPA, l’environnement internet et une notion de plateforme. Le fait est que, depuis 2 ans, nous sommes engagés dans une stratégie de plateforme industrielle. Par exemple, Sips est une plateforme que nous avons mise en place afin de permettre l’acquisition de paiement par carte sur internet. L’idée logique était donc de construire des plateformes de solutions de paiement en ligne autour du virement et du prélèvement. Aujourd’hui, nous avons donc trois solutions identifiées logées sur cette plateforme multi-service non-carte iDEAL, MyBank et SEPAmail. iDeal, solution de virement spécifique aux Pays-Bas depuis 10 ans maintenant, a généré plus de 200 millions de virements en 2014.

MyBank

 

Tu reviens de la conférence UniverSwiftNet où tu as participé à l’atelier autour de l’e-invoicing et des factures one-click avec SEPAmail, peux-tu nous en dire plus ?

 

Je suis une fervente supportrice de l’Europe qui est, pour moi, un fabuleux gisement de créativité pour Worldline. L’un des buts de l’Europe est d’uniformiser nos sociétés afin d’y introduire de l’innovation et du dynamisme sans toutefois rester cloisonné. L’Europe, c’est un grand marché de 500 millions de consommateurs sur 28 pays. L’année dernière, l’Europe a promu une directive sur la facture électronique qui doit être implémentée dans tous les pays européens d’ici 2018. Nous avons déjà une offre B2B de facturation électronique et nous anticipons de nouvelles opportunités grâce à cette directive européenne. En parallèle du B2B, il y a également un désir réel d’introduire l’e-invoicing dans le secteur B2C. Notre solution SEPAmail s’adresse directement à cette problématique.

 

Qu’est ce qui t’a le plus marqué pendant l’atelier ?

 

La foule, j’ai été très étonnée par le nombre de personnes qui sont venu assister à cet atelier. SEPAmail datant de 2008, on aurait pu penser que ce sujet ne serait plus aussi porteur que d’autres couverts dans des ateliers qui avaient lieu à la même heure mais j’ai été agréablement surprise par la curiosité des participants sur ce sujet. Par contre, beaucoup de commerçants pensent encore que les banques ne sont pas prêtes pour accepter SEPAmail et c’est peut-être vrai dans certains cas mais, comme ces commerçants commencent à comprendre ce que SEPAmail peut leur apporter, ils se doivent de faire le forcing auprès de leurs banques et ces dernières se devront de les suivre dans cette implémentation.

 

Des anecdotes ?

 

Plutôt que des anecdotes, je dirais plutôt une grande complicité entre les participants. Les banquiers, les commerçants, les SSII, tous se retrouvent rassemblés une journée entière dans l’ancienne Bourse de Paris, animés par le même désir de faire toujours plus et mieux. C’est très motivant.

 

Merci d’avoir pris le temps de discuter avec nous aujourd’hui. Une dernière question avant de nous quitter : nous vivons dans un monde digital hyper-connecté et tu te retrouves coincée sur une ile déserte, quel produit électronique de grande consommation as-tu obligatoirement avec toi ?

 

Ma bouilloire connectée. Je peux écouter de la musique dessus et elle a un petit écran sur lequel je peux avoir les dernières informations et regarder des petits films. J’aime ces objets liés à la convivialité d’un tea time qui y associent le digital. Pour moi, il est essentiel de pouvoir partager autour de ce type d’objets et je trouve que les smartphones et tablettes ont une dimension plutôt froide.

 

 

 

Sylvie Calsacy

Sylvie Calsacy

 

 

Catégories: Général, Perspectives, Solutions

 

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