L’évolution des voitures connectées

 

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Entretien avec Denis Luczak

 

Denis Luczak est Responsable Métier dans le département Automotive B2C au sein de notre Shared Center Connected Living. Il nous a rejoints en 2001.

 

Face aux dernières avancées technologiques dans l’industrie automobile, et notamment celle des voitures connectées, comment les constructeurs peuvent-ils se différencier aujourd’hui ?

 

L’industrie automobile vit effectivement une évolution rapide des technologies, et la voiture connectée fait maintenant partie intégrante de la grande famille de l’Internet des Objets et est devenu un objet communiquant à part entière. La voiture n’est plus une « boite noire » offrant une série de services uniquement liés à la sureté et à la sécurité mais résulte à présent de la convergence de l’intégration des smartphones et de la connectivité aux infrastructures via le cloud. Ceci permet en l’occurrence d’apporter tout un panel de services aux conducteurs où l’innovation joue un rôle critique pour créer des propositions de valeur que les clients pourront s’approprier. Car aujourd’hui, il s’agit bien de la relation des conducteurs avec leur véhicule qui a changé.

 

La notion de propriété du véhicule, la relation avec la marque à l’achat ou tout au long du cycle de vie du véhicule ont changé, avec une multitude de nouveaux usages. Les nouvelles technologies, apportées notamment par des sociétés comme Google, Uber et Tesla, repensent complètement l’offre automobile et bousculent les constructeurs historiques. Une nouvelle ère digitale est arrivée où la donnée est le nouveau carburant de la croissance et où le contrôle du client est l’objectif principal de ces nouveaux conquérants et concurrents. Les constructeurs automobiles doivent reconsidérer leur modèle et aborder leur transformation digitale comme une source d’opportunités pour ne pas se limiter à produire un châssis pour ce qui deviendra un Smartphone à 4 roues !

 

La voiture connectée permet de générer les données qui seront la base des stratégies de plus en plus digitales des constructeurs. Si l’ambition de Google est que sa publicité soit la plus vue et à atteindre un nouvel auditoire pendant les heures de conduite ; si Apple voit la voiture comme un accessoire à son téléphone, les constructeurs ont une telle connaissance de l’usage de leurs véhicules qu’ils travaillent sur une expérience utilisateur et une intégration des services connectés beaucoup plus poussée, où la voiture deviendra notre compagnon de route, comme assistant personnel lors des embouteillages ou pour nous garer, utilisant le smartphone et ses données comme des moyens accessoires d’y arriver.

 

Pour gagner complètement cette bataille sur le contrôle des clients, le plus difficile pour les constructeurs est de penser la relation au-delà de l’achat, et de complètement intégrer la fidélisation au sein du réseau de distribution, d’entretien et de réparation, dans tous ses processus et de penser la relation client de bout-en-bout, en gommant les silos actuels. Cette dernière pièce du puzzle est à assembler par les constructeurs afin d‘utiliser la voiture connectée pour ce qu’elle est : le plus grand outil de fidélisation jamais inventé dans le secteur !

 

Dans le cadre de ces nouveaux services, comment transposons-nous notre expertise paiement dans la voiture connectée ?

 

Le développement des services au sein même de la voiture nécessite des transactions avec les serveurs rapides et sécurisées et hautement évolutifs. Worldline est donc idéalement positionné pour permettre l’émergence de nouveaux services. Nous connectons aujourd’hui pratiquement 1M de voitures avec plus de 50M de transactions par jour.

 

Nous avons déjà fait bénéficier nos clients de notre expertise de vente de services multicanal et d’e-Commerce pour les accompagner dans la vente des services digitaux comme TomTom HD Traffic, Coyote ou des applications mobiles . Nous avons été les premiers à le faire ainsi qu’à amener le paiement depuis la voiture.

 

Sur la base des premiers retours, notre équipe de recherche a développé un « Proof of Concept » permettant le paiement en un clic de biens ou de services, via la tablette embarquée de la voiture connectée. Ce concept expérimental s’appuie sur nos offres éprouvées WL Trusted Authentication et WL Wallet, et a été initié sur le tout nouvel OS GENIVI®. Baptisée « In-Vehicle Payment system », cette solution apporte une expérience client unique car le conducteur est en capacité de payer directement avec son véhicule, sans l’ajout d’un dispositif externe supplémentaire. Grâce à ce paiement simple et sécurisé, le développement de l’achat et de l’utilisation de ces nouveaux services évoqués auparavant va s’accélérer. Au-delà des bénéfices pour les conducteurs, cette solution va permettre aux commerçants d’ouvrir un nouveau canal de vente et d’intégrer leurs programmes de fidélité et leurs coupons de réduction directement dans l’environnement du conducteur. Quant aux constructeurs automobiles, la création d’un nouvel écosystème au sein de leur véhicule améliore l’expérience utilisateur et la fidélisation de leurs clients.

 

Comment envisages-tu la voiture connectée de demain ?

 

La voiture connectée est une grande tendance de l’industrie automobile. Cependant, il est nécessaire de faire la distinction entre voiture connectée et voiture autonome. La voiture connectée est déjà là et elle n’est pas autonome, tandis que la voiture autonome sera, quant à elle, forcément connectée mais disponible dans quelques années. La voiture autonome a pour principal objectif de supprimer les contraintes liées à certaines conditions de conduite (autoroute, bouchon…) et d’améliorer fortement la sécurité en maintenant le plaisir lié à la conduite. La voiture connectée permet quant à elle d’offrir une expérience conducteur enrichie où qu’il se trouve et aux constructeurs de d’ores et déjà mettre au point leur moteur de croissance digitale grâce à la collecte de données.

 

Les futures voitures, qui intégreront des assistants personnels offrant de l’aide durant les trajets, auront une batterie de capteurs et seront connectées à des serveurs d’analyse de données sur le Cloud pour répondre à de plus en plus de cas.

 

L’élément le plus critique reste l’hyper-sécurité des données et du véhicule, qui est une exigence majeure pour les clients. La médiatisation d’incidents liés aux voitures autonomes a entrainé des doutes quant à l’avenir de ces véhicules et, de ce fait, une défiance de la part des consommateurs. Les constructeurs automobiles doivent donc s’appuyer sur des partenaires experts de la cyber-sécurité qui leur garantissent la fiabilité de la connectivité des véhicules et la totale sécurité du stockage de toutes leurs données.

 

De plus, la potentielle monétisation de ces données ouvre de nouvelles perspectives pour les constructeurs qui vont pouvoir construire de nouveaux business models avec leurs partenaires.

 

Par exemple, nous avons développé un « Proof of Concept » autour du « Vehicle Relationship Management » à partir des véhicules connectés pour illustrer les possibilités de la voiture connectée. Le client autorise la remontée du kilométrage, des niveaux, des pressions et codes d’erreurs de son véhicule contre l’assurance d’avoir une maintenance ou un entretien optimisé avec même des réductions sur la pose des plaquettes, ou sur la batterie. Le véhicule connecté est donc en soi un nouveau type de carte de fidélité. Les constructeurs pourront ainsi augmenter leur part de marché en entretien/réparation dans leur réseau, en utilisant les données pour prévoir une maintenance ou anticiper un changement de pièces.

 

Ces obligations de sécurité et d’évolutivité entraînent un investissement important. C’est pourquoi les constructeurs doivent se positionner en tant que fournisseurs de services à valeur ajoutée, ce qui leur permettra également de financer cette connectivité.

 

Merci d’avoir pris le temps de discuter avec nous aujourd’hui. Une dernière question avant de nous quitter : Selon toi, dans un siècle, quelle sera l’invention/innovation qui aura changé le monde ?

 

Je ne m’y risquerais pas ! L’accélération des transformations et des révolutions est telle que d’ici cent ans, il y aura eu au moins 1 ou 2 nouvelles révolutions. Si je peux émettre un souhait dans le domaine de la mobilité, ce serait celui d’utiliser une énergie propre et économique pour l’ensemble de nos moyens de locomotion : voitures, camions, bus, avions, bateaux…

 

 

 

Catégories: Perspectives, Solutions

 

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