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L’Open Payment arrive dans les grandes métropoles Françaises pour le plus grand bonheur de leurs habitants.

L’Open Payment arrive dans les grandes métropoles Françaises pour le plus grand bonheur de leurs habitants.

Guillaume REGNAULT

Global Product Manager Open Payments

Deux grandes agglomérations françaises (Lyon, que Worldline a déployé récemment et bientôt Toulouse) équipées d’un réseau de transports publics riche et dense avec métros et tramways ont ou vont lancer l’Open Payment (système permettant de voyager en transports en commun sans titre de transport, grâce à une carte bancaire sans contact ou son émulation dans un wallet connecté) ces prochaines semaines.

Une opportunité pour ces villes et leurs différents fournisseurs de solutions de définir et imaginer les fonctionnalités et les usages nouveaux, qui dépassent ce que l’on a pu voir jusqu’ici.

 

L’Open Payment : un outil au service des politiques publiques de transfert modal

Présent au cœur de la loi LOM du 26 décembre 2019, la transformation des politiques publiques au service des mobilités douces (particulièrement le développement des transports en commun) est au cœur au centredes préoccupations pour le Ministère de la Transition Ecologique ainsi que pour les acteurs locaux en charge de ces sujets dans les grandes métropoles.

Face à l’autosolisme et aux déplacements périurbains toujours plus nombreux en voiture, ces acteurs cherchent des leviers pour rendre les transports en commun plus attractifs, plus accessibles, et ainsi convaincre de nouvelles populations de laisser - au moins partiellement - leur voiture au parking ou au garage.

Parmi tous les moyens recherchés pour augmenter la part modale du transport public, l’Open Payment se révèle être un vecteur puissant et efficace pour ces populations urbaines jeunes, en recherche de rapidité, de facilité d’usage et déjà très largement converties au paiement sans contact par carte bancaire ou via un mobile.

Voici 3 ou 4 ans, la plupart des réseaux français lançant l’Open Payment se donnaient pour objectif principal de recruter en premier lieu des clientèles occasionnelles (ex : touristes, voyageurs d’affaires,…). En permettant à ces populations d’accéder rapidement et simplement aux transports publics, ces acteurs promettaient de lutter contre la frustration de la queue au guichet ou encore au distributeur automatique de tickets, éviter aussi la vente à bord pour les chauffeurs de bus.

Les retours d’expérience des premiers projets en province montrent en fait que l’Open Payment est capable de recruter bien au-delà de ces profils de clientèles, en convaincant des usagers locaux dits « occasionnels fréquents » avant tout en recherche de plus de rapidité et de simplicité au quotidien.

A titre d’exemple, sur certains tronçons de métro largement fréquentés, l’Open Payment représente déjà plus de 50% du total des trajets enregistrés. Il faut dire que la pandémie COVID est passée par là, révélant une hémorragie durable pour les formules de voyages « à l’abonnement », particulièrement auprès des salariés du secteur tertiaire, maintenant largement convertis au télétravail partiel.

 

Le KFT (ou Retail-Like) : un modèle limitant la reprise de la gamme tarifaire, et peu pérenne en terme d’évolutions

Le KFT (Known Fare Ticketing) ou Retail-Like est un modèle qui permet d’effectuer un paiement au valideur avec sa carte bancaire sans contact de façon quasi immédiate, grâce une transaction validée (envoi de la transaction en autorisation en temps réel) instantanément ou presque par la banque émettrice de la carte.

 

 

Le KFT est un modèle qui malgré ses avantages (prix de mise en place, facilité et rapidité du déploiement) présente aussi de nombreux inconvénients.

 

Nous en citerons ici deux :

L’impossibilité de configurer la moindre complexité tarifaire, avec des montants de validation souvent uniques et «alignés » sur le tarif ticket unitaire au prix fort de l’exploitant de transports, sans aucun avantage tarifaire rendu possible pour les voyageurs les plus fréquents.

Par ailleurs, l’autorisation de la transaction étant effectuée en temps réel avec le KFT, celle-ci génère régulièrement un temps de latence au niveau du valideur malheureusement incompatible avec la gestion de flux de voyageurs importants dans les zones les plus peuplées et les réseaux de transports les plus denses (exemple : portique d’entrée dans une grande station de métro). Le risque de ralentir in fine la vitesse commerciale en heure de pointe et lors de grands événements (matches, festivals, manifestations diverses) est réel.

A l’arrivée, le KFT (ou Retail-Like) s’avère être aujourd’hui le choix de certains réseaux (bus, tramways) plutôt de taille modeste, n’ayant pas ou peu de problématique de pic de flux de voyageurs à certaines heures à gérer.

A contrario, le MTT (Mass Transit Ticketing, terme VISA), déployé dans les grandes métropoles comme Lyon ou prochainement Toulouse répond mieux à ces problématiques de flux (une validation doit être confirmée par le valideur en moins de 500 millisecondes, règle imposée par les schémas carte) rendues possibles grâce à un principe d’autorisation effectuée en léger différé et de transaction remise en post-paiement (paiement remisé par la banque acquéreur à la fin de la journée d’exploitation, pour un ou plusieurs trajets effectués dans la journée écoulée).

 

L’Open Payment à présent au service des grandes métropoles

Dans les grandes métropoles (comme celle de Lyon, dont la mise en service a été réalisée le 30 mai 2022 par Worldline), les déplacements sont souvent intermodaux avec des besoins de correspondance et de changement de mode de transport tout au long d’un parcours, ce qui implique également une répartition de recette équitable entre les différents fournisseurs de services de transports.

 

 

Tout cela se traduit par la nécessité d’intégrer les parkings relais (P+R), les portiques et autres sas PMR (Personnes à Mobilité Réduite) métros, l’accessibilité aux stations via les ascenseurs, ou encore gérer la rétribution de multiples exploitants d’un même territoire urbain au sein de la même solution d’Open Payment.

Ces enjeux démultiplient le champ des possibles et la richesse fonctionnelle des solutions Open Payment alors mises en œuvre, qui doivent ainsi apporter le niveau optimal de souplesse, en évitant de répliquer à l’identique la sophistication tarifaire billettique souvent déjà en place depuis de nombreuses années, et devenue trop complexe et monolithique au fil du temps.

Avec la multi-validation (possibilité de voyager en groupe avec une seule carte bancaire), la gestion multi-exploitants ou encore la tarification zonale grâce au Tap in Tap out, l’Open Payment rentre dans sa phase de maturité et répond de mieux en mieux aux attentes des usagers voyageurs en recherche d’une expérience  simplifiée, unifiée, avec une seule interface pour le suivi de leurs trajets et leurs dépenses (a minima sur le smartphone).

Dans quelques années, l’Open Payment ne sera  plus qu’un canal (certainement pas le moins important) au cœur d’une proposition de valeur MaaS (Mobility as a Service) agrégeant de multiples services de mobilité en accès public : comme le vélo en libre-service, les taxis, les VTC ou encore le covoiturage.

En adoptant l’Open Payment pour leurs clientèles des transports publics, les autorités des agglomérations de Lyon et Toulouse posent les bases de ces usages futurs et innovants où la carte bancaire devient l’élément d’identification (« what you have ») permettant d’incrémenter et comptabiliser un paiement compacté, optimisé, directement lié aux traces laissées par l’usager voyageur au gré de ses différents voyages.

Avec Lyon et bientôt Toulouse, la simplification de l’achat d’un titre de transport virtuel au travers de l’Open Payment est désormais rendue possible pour tous les type de réseaux de transports en commun, quelque soient leur taille et leurs spécificités.

L’expérience de paiement et de voyage invisible, sans peine et (presque) indolore n’est maintenant plus très loin.

 

Pour plus d’informations sur WL Tap 2 Use, rendez-vous ici ou contactez Guillaume REGNAULT.